Remettre en cause la loi sur les OGM de 2008 : l’ardent impératif de l’application du principe de précaution

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Adoptée définitivement par le Parlement le 22 mai 2008 malgré la résistance unanime de toute la Gauche, la loi sur les OGM est, pour nous, jeunes socialistes, une grave atteinte au principe de précaution. Ce choix politique faible face aux pressions économiques et financières effectuées par les grands groupes de l’agrochimie remet selon nous en cause le droit de « chaque citoyen à un environnement sain » (article 8 de la CEDH). Si cette loi pose des pistes de réflexion pour encadrer les OGM, elle constitue une menace inacceptable pour notre environnement dans son ensemble.

En effet, dès son premier article, la loi autorise les cultures OGM en plein champ en affirmant la liberté de consommer et de produire « avec ou sans » OGM. Cette loi pernicieuse consacre en réalité le droit des cultures OGM en plein champ et, loin de garantir la liberté de produire et de consommer « sans » OGM, elle annihile le droit à consommer et à produire sans OGM étant donné le risque avéré de dissémination et de contamination des cultures non OGM. A travers cette loi sont bafoués le droit de chaque citoyen de manger sans OGM et le droit des agriculteurs biologiques et traditionnels à cultiver sans OGM. En légalisant les OGM sans définir leur seuil, en prenant le risque qu'ils contaminent l'ensemble des productions agricoles, le gouvernement a porté atteinte au principe de précaution reconnu par la Charte de l'environnement introduite en 2005 dans notre Constitution.

Afin de protéger notre agriculture de qualité, la biodiversité, la santé de nos concitoyens, la recherche et de nous prémunir de tout effet éventuellement néfaste et irréversible sur notre environnement, nous exigeons l’application du principe de précaution. Il doit permettre de mettre en phase la conception moderne de la science avec la prise en compte d’un état d’incertitude durable et de controverses scientifiques autour des OGM. Il n’existe à l’heure actuelle aucun consensus scientifique permettant de dire clairement quels sont les risques liés à cette technique ; pas plus qu’il n’existe de consensus sur les intérêts de son utilisation. Face aux risques éventuels auxquels nous exposent les cultures d’OGM et les intérêts économiques de cette filière, notre choix est simple. Ce choix est politique, responsable et indépendant de toute pression économique : nous refusons la culture d’OGM en plein champ. Nous exigeons le respect du principe de précaution et la remise en cause de la loi sur les OGM. C’est de notre responsabilité, en tant que socialistes, de l’exiger. Non seulement pour nous mais pour les générations à venir.