Quel avenir pour notre système de santé ?

Published in
pharmacie[1].jpg
retrouvez sante_01

Bien que notre système de santé reste de bonne qualité et que les professionnels du secteur soient particulièrement compétents, de nombreux problèmes apparaissent. On distingue notamment la surconsommation de certains types de médicaments, des faiblesses de la démographie médicale dans de nombreuses zones, le déficit de l'assurance maladie, le manque de prévention et des décisions de mauvais aloi de la part des gouvernements successifs depuis des années.

 Tout d'abord, le manque de professionnels de santé (infirmières et médecins hospitaliers, professionnels de tous types en zone rurale, etc) empire d'année en année entraînant une désertification des régions les moins favorisées et la disparition de structures sanitaires de proximité. Étant donné la gravité de la situation, une seule solution peut la résoudre : la disparition des numerus clausus dans les différents métiers ayant trait à la santé. L'augmentation de gens formés, même s'il peut entraîner un excès de médecins (ou autres) dans les villes les plus attractives, devrait permettre de combler le déficit ailleurs. Un décloisonnement des compétences des différentes professions (en permettant aux infirmières d'effectuer certains gestes réservés aujourd'hui aux médecins) pourrait aussi avoir un effet bénéfique. 

      Pour poursuivre sur les études médicales et paramédicales, reconnaître à leur juste valeur les études des infirmières (comme une licence voire comme un master avec une spé et non plus comme un bac+2) et limiter la durée des études de médecine seraient des réformes importantes. Dans le même ordre d'idées, les professionnels du secteur et surtout les médecins devraient avoir une obligation de formation continue pour que les patients bénéficient toujours des dernières avancées scientifiques. Cette formation continue devra être assurée par le système d'enseignement supérieur public et non par des laboratoires pharmaceutiques dans un souci d'indépendance du corps médical. 

      Il faut augmenter la prévention qui reste insuffisante en France et ne plus considérer que la prévention se réduit à des spots de pub. Puisque nous avons aujourd'hui des médecins traitants, qu'ils servent réellement à quelque chose pour les patients(et pas seulement à augmenter le nombre de consultations des médecins généralistes). S'ils donnaient régulièrement des conseils nutritionnels par exemple, cela permettrait certainement d'éviter de nombreux cas de diabète, d'hypertension ou de cancers. Les avantages et inconvénients de chaque aliment ainsi que l'adaptation au patient selon son mode de vie (sur lequel des conseils pourraient aussi être prodigués) et ses facteurs de risque constitueraient des informations importantes. L'hygiène pourrait aussi faire l'objet de mesures semblables. Actuellement, ce type de démarche est laissé à la discrétion des médecins et ils ne sont guère encouragés à le faire. La prévention, c'est aussi la surveillance des nouvelles pathologies : études sur l'exposition aux pesticides, inspection des foyers propices aux zoonoses (contact homme-animal). Une fois effectuées ces opérations de surveillance, il faut que les pouvoirs publics soient prêt à prendre les mesures préconisées et à ne pas fermer les yeux sur ces nouveaux dangers. 

      À contrario, il faut décourager la surconsommation médicamenteuse même si beaucoup de gens la réclament car ils ont ainsi l'impression de se soigner alors qu'ils se créent de nouveaux problèmes. Les antidépresseurs en particuliers devraient être évités en dehors des cas de dépression les plus sévères1. De même, la mise sur le marché des médicaments devraient être étudiée de manière plus rigoureuse, l'Afssaps devant posséder son propre groupe d'experts indépendants de qualité capble d'examiner tout produit pharmaceutique. Cela nous évitera peut-être à l'avenir des affaires comme celle du Vioxx (laboratoire Merck) aux Etats-Unis ou, plus récemment et en France, celle de la vaccination contre l'hépatite. 

      Pour finir, il nous faudra également revenir sur les mesures les plus nocives qui s'accumulent depuis 2002 en rétablissant les budgets de l'AME (Aide Médicale d'Etat qui couvre les besoins en soins des étrangers en situation régulière2), en limitant les dépassements d'honoraire que Philippe Douste-Blazy (alors ministre de la santé, hé oui, ça commence à dater) a délibérément laissé explosé et en supprimant toutes les franchises qui pénalisent le pouvoir d'achat des plus défavorisés d'entre nous.